Deuil

Le voile noir
Annie Duperey
Annie a huit ans lorsqu'elle se trouve confrontée à la mort brutale de ses parents. Après avoir refoulé cette blessure pendant trente-cinq ans, elle retrouve des photos prises par son père qui vont la replonger dans cette expérience et la pousser à mettre des mots sur ce qui n'a pu être dit à l'époque. Un récit autobiographique bouleversant sur la dissociation traumatique et les émotions liées au deuil où se mêlent la colère, la culpabilité, la tristesse et l'envie de vivre. Annie Duperey parvient à décrire avec énormément de précision et de lucidité les stratégies de protection inconscientes derrière lesquelles elle s'est murée pendant des années pour se protéger du choc psychique du décès de ses parents. Ce livre aide à comprendre qu'il n'y a pas de "bonne" réaction face au deuil, mais que chacun fait comme il peut pour vivre avec son vécu, la mise en mots amenant toutefois une forme d'apaisement avec le temps.
Éditions du Seuil (1992), 235 pages.

Juste avant le bonheur
Agnès Ledig
Maman solo, Julie va faire l'expérience de la perte la plus terrible qui soit, celle de son enfant. Ce roman sensible et puissant nous rappelle à quel point nous sommes fragiles et éphémères, que la mort est quelque chose sur laquelle nous n'avons pas de prise. Mais malgré la douleur, la vie résiste, s'accroche et Julie nous montre que continuer de vivre est un hommage à ceux qui nous ont quitté, que c'est dans ceux qui nous entourent que nous trouvons la force d'avancer et qu'il importe plus que tout de chérir les instants heureux car c'est tout ce qu'il nous reste quand ceux que l'on aime disparaissent.
Éditions Albin Michel (2013), 352 pages.

Tout le bleu du ciel
Mélissa Da Costa
Tout le bleu du ciel raconte un improbable et fascinant road trip mettant en scène deux personnages écorchés vifs confrontés à la mort et au deuil : le premier, Émile, est âgé de 26 ans et est atteint d'un Alzheimer précoce qui ne lui laisse que quelques mois à vivre ; la seconde, Joanne, est une jeune maman de trente ans endeuillée par la perte de son fils autiste Tom. Ce roman nous conte comment deux personnes en souffrance peuvent se rencontrer et se réparer. Cette histoire nous dit aussi que la mort est un sujet qui ne doit pas être un tabou et qu'il importe d'en parler sans commisération, mais que la mort est également quelque chose de très intime propre à chacun et face à laquelle nous devons rester libre de définir ce qui nous convient afin de pouvoir profiter de ce que la vie peut nous offrir jusqu'aux derniers instants.
Éditions Carnets Nord (2019), 840 pages.

Les deux vies de Baudouin
Fabien Toulmé
Cette BD très drôle interroge notre rapport à la mort et à la vie. Quelle est la valeur que nous donnons à la vie ? Et ce n'est parfois que confronté à la mort que nous prenons conscience de ce que la vie nous donne ou peut nous offrir.
Cette histoire est aussi un hymne à l'amitié, au don de soi, qui nous montre l'importance de la transmission car le sentiment de laisser quelque chose derrière soi, d'avoir apporté quelque chose aux autres, à ceux qu'on aiment nous permet de regarder la mort autrement, de partir plus serein et plus apaisé.
Éditions Delcourt (2017), 272 pages.

Le petit frère
JeanLouis Trip
Après 45 ans, JeanLouis Trip revient sur la mort violente de son petit frère Gilles décédé à 11 ans. Rien n'est oublié, le traumatisme est toujours vivace. Cette bande dessinée tout en nuance et en sensibilité illustre que le deuil est un long processus qui ne se finit jamais vraiment, mais l'auteur nous dit aussi comment sortir de la colère, de la culpabilité et de la tristesse pour aller vers plus de sérénité.
Éditions Casterman (2022), 344 pages.

In Waves
AJ Dungo
Surfeur et illustrateur, AJ Dungo tient une promesse, celle de raconter l'histoire de sa compagne décédée d'un cancer huit ans plus tôt et nous livre cette superbe bande dessinée qui entremêle l'histoire du surf et celle de sa compagne Kristen. In Waves parle de la maladie, de la mort et du deuil, mais c'est aussi une magnifique illustration de comment le souvenir et la tristesse peuvent être sublimées pour rendre hommage aux personnes qui nous sont chères.
Le livre évoque également le rapport au corps quand celui-ci décline et que nous perdons notre autonomie. Une corps qui perd de ses capacités n'est pas un corps perdu, mais cette expérience demande souvent une adaptation et donc un deuil pour que nous puissions conserver une liberté d'action et non nous retrouver enfermé dans une prison.
Éditions Casterman (2019), 376 pages.

Mi-Mouche (tome 1 et 2)
Vero Cazot/Carole Maurel
À l'âge de 11 ans, le malheur vient percuter la famille de Colette. Suite à un accident de voiture où sa sœur jumelle trouve la mort et sa mère se voit amputée d'un bras, toute la famille doit se reconstruire et continuer d'avancer.
Explorant à la fois la gémellité, mais aussi la difficulté de vivre dans l'ombre d'un frère ou d'une sœur décédée, Mi-Mouche décrit avec force la quête d'identité et le besoin d'exister de ceux qui survivent à leur proches quand la mort vient frapper de manière précoce tout en montrant la complexité des liens familiaux qui se tissent après un tel drame quant la peur et la volonté de vivre s'opposent.
Mi-mouche est une véritable ode à la résilience qui nous rappelle tout en douceur et bienveillance que la vie c'est oser vivre de nouvelles expériences et que le plus bel hommage que l'on puisse faire aux disparus c'est croquer dans cette intensité, c'est vivre pour deux, pour soi et pour eux.
Éditions Dupuis (2025), 64 et 64 pages.