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Maturité

Par maturité, j'entends cet âge entre 50 et 70 ans où plus rien ne justifie de devoir faire ses preuves car tout ce que la société exige de nous a été en grande partie réalisé : faire carrière, se marier, avoir des enfants, investir dans l'immobilier, etc. Mais cette période de la vie peut paradoxalement être synonyme de bouleversements et de grands changements car, après avoir répondu pendant des années à quantités de contraintes et d'impératifs sociaux, c'est un âge où l'on revient à soi : "Bon, maintenant que j'ai accompli tout ça, qu'est-ce que je fais de moi-même, de quoi ai-je vraiment envie ?". Ce constat peut se révéler vertigineux, entre liberté retrouvée et conscience du temps qui est compté, l'état des lieux amène à prendre conscience que nous n'avons plus rien à perdre à vivre à 100%, connecté à notre âme d'enfant, curieux et  aventureux, pour retrouver une deuxième jeunesse teintée de sagesse.

Se le dire enfin

Agnès Ledig

Édouard, la cinquantaine, décide du jour au lendemain, de laisser son quotidien derrière lui et de monter dans un train sans se retourner, sans bien mesurer ce que cette décision impliquera pour lui, ni à quel point elle le changera en profondeur.

Dans ce roman, les pérégrinations d'Édouard illustrent comment nous pouvons nous retrouver enfermés dans nos propres vies et ce que cela demande comme dose de courage pour oser être authentique avec soi-même, larguer les amarres et voguer à la rencontre de soi. Mais ce sentiment de ne plus avoir de filet de sécurité, loin de nous mettre en danger, est ce qui, au contraire, nous ouvre à de nouvelles perspectives, à de nouvelles rencontres, à une reconnexion à nous-mêmes.

Avec sa plume légère et bienveillante, Agnès Ledig, nous rappelle que nous avons tous nos blessures, mais que c'est par les autres, pour les autres, avec les autres que nous guérissons, en revenant à l'essentiel, à la nature, à la simplicité d'être ensemble.

Éditions Flammarion(2020), 432 pages.

Soixante printemps en hiver

De Jongh/Chabbert

Le jour de ses soixante ans, Josy décide de faire ses valises et de tout plaquer, mais pour l'entourage c'est l'incompréhension, c'est un caprice, un pétage de plomb, une folie. 

Soixante printemps en hiver montre avec beaucoup de force et de poésie à quel point la société conditionne les femmes d'un certain âge à ne plus avoir d'envie ou de désir, comme si elles n'en avaient plus ni le droit, ni la capacité, comme si leur corps n'était plus de chairs et de sensations, mais un ectoplasme dont la présence n'a de fonction que d'être le garant du système familial. 

Le parcours de Josy prouve au contraire qu'il n'y a pas d'âge pour rêver, explorer, partir à l'aventure, découvrir, jouir, se sentir en vie.

Éditions Dupuis (2022), 120 pages.

Lulu Femme Nue (Tome 1 & 2)

Étienne Davodeau

Cette très jolie bande dessinée d'Étienne Davodeau retrace l'escapade de "Lulu" qui cherche à fuir la morosité de son quotidien et d'un couple où la routine ne donne plus lieu qu'à des échanges agressifs. Si ce mouvement hors des rails est impulsif et non sans risque, il sera aussi l'occasion pour Lulu de faire de belles rencontres qui la réconcilieront avec elle-même. 

Étienne Davodeau nous sert ici un petit conte philosophique doux amère, mais résolument optimiste,  qui  évoque la difficulté de trouver un équilibre entre contraintes et libertés, les unes n'allant pas sans les autres, car si un excès de contraintes peut mener à l'étouffement, la liberté totale est au contraire chaotique. Le secret résidant peut-être dans une certaine alternance, entre responsabilité et spontanéité, entre le cadre de la vie quotidienne et des échappées salvatrices. Une alternance comme une respiration qui donne du souffle à l'âme.

Éditions Futuropolis (2008 et 2010), 76 et 76 pages.